Chaque 29 août, Évenos se rassemble au hameau du Broussan pour honorer la mémoire d'Honoré d'Estienne d'Orves, officier de marine et héros de la Résistance. Son domaine familial couvre près de la moitié de la superficie de la commune.
Une famille provençale
Honoré d'Estienne d'Orves est né le 5 juin 1901 à Verrières-le-Buisson, dans l'Essonne. Il est issu d'une longue lignée de nobles provençaux. Son père, directeur de société, est mort en 1926.
Le lien avec Évenos est celui de la famille : le domaine familial s'étend sur près de la moitié de la commune. Chaque année, le 29 août, la municipalité organise l'hommage au Broussan.
Un officier de marine
- 1923 : enseigne de vaisseau de 2 e classe, il embarque sur la Jeanne d'Arc , puis sert sur le cuirassé Provence et sur divers bâtiments.
- 1930 : lieutenant de vaisseau.
- 1935 : chevalier de la Légion d'honneur.
- Décembre 1936 : il entre à l'École de guerre navale pour un an.
- 1939 : au début de la guerre, il sert sur le Jaguar en Méditerranée, puis comme officier d'ordonnance sur le Duquesne , dans la Force « X » de l'amiral Godfroy.
L'armistice de juin 1940 le surprend à Alexandrie. Il refuse la défaite, quitte Aden avec son groupe et, après deux mois de voyage autour de l'Afrique, rejoint le général de Gaulle à Londres le 27 septembre 1940.
Le réseau Nemrod
À Londres, il devient chef du 2 e Bureau des Forces navales françaises libres, puis demande à partir en France d'y organiser un réseau de renseignements. Il convainc de Gaulle de développer le réseau Nemrod, créé dès septembre 1940 à l'initiative de Jan Doornik et Maurice Barlier.
Il embarque à Newlyn le 21 décembre 1940, sous le nom de « Jean-Pierre Girard », sur un bateau de pêche, la Marie-Louise , à destination de Plogoff. Installé près de Nantes, il met sur pied l'organisation du réseau et transmet des renseignements sur les défenses côtières, les sous-marins et les aérodromes allemands.
Arrestation, procès et exécution
Le 22 janvier 1941, trahi par son radio, il est arrêté avec ses compagnons. Au total, 26 personnes du réseau sont arrêtées. Le procès commence le 13 mai à Paris. Il prend toute la responsabilité sur lui pour défendre ses co-inculpés. Le 23 mai, neuf d'entre eux, dont lui, sont condamnés à mort.
Le 29 août 1941, à l'aube, d'Estienne d'Orves, Barlier et Doornik sont fusillés au Mont-Valérien, tandis que les six autres condamnés bénéficient de remises de peine. Selon le discours prononcé à Évenos, il pardonne publiquement à ses juges avant de mourir. Il est inhumé à Verrières-le-Buisson.
Il est fait Compagnon de la Libération par décret du 30 octobre 1944.
L'hommage annuel à Évenos
Tous les 29 août, la commune se rassemble au Broussan. Une messe est célébrée en plein air, puis les participants se retrouvent devant le monument aux morts. Les descendants de l'officier déposent la gerbe familiale. Le maire d'Évenos y prononce un discours, au cours duquel elle a rappelé « sa loyauté, son courage, son honneur et sa droiture ».
À retenir
- Honoré d'Estienne d'Orves (1901-1941) est issu d'une famille provençale dont le domaine couvre près de la moitié d'Évenos.
- Compagnon de la Libération, il a organisé le réseau Nemrod avant d'être fusillé au Mont-Valérien le 29 août 1941.
- Évenos lui rend hommage chaque année, le 29 août, au Broussan.
Sources : Ordre de la Libération, fiche « Honoré Estienne d'Orves (d') » ; site de la ville d'Évenos, « Hommage à Honoré d'Estienne d'Orves ».